Il fait nuit. Je suis assise sur le bord de la route. Il y a pleins de gens autour de moi, qui marchent ou discutent entre eux. Je ne sais pas (ou plus !) ce que je fais là mais ça n’est pas une question que je me pose.

Soudain arrive un homme un peu excité. Il est menaçant, s’agite. Il me tire dessus et me blesse le genou gauche ; il tire sur quelqu’un d’autre. Je n’ai ni peur ni mal, je suis juste un peu surprise. Mon sang coule à gros bouillon et c’est ce bruit torrentiel qui m’impressionne. Je compresse avec la main et des que je l’enlève, j’entends le bouillonnement bruyant. Je crois que l’on s’occupe de moi mais je n’en ai pas de souvenir précis.

Je marche. C’est fragile mais j’avance comme ça. Une fois encore, je n’ai ni peur ni mal. Je croise un clochard qui porte un rom sur son dos. On parle un peu, puis je reprends la route et je leur dit “à tout à l’heure !”. Cela ressemble à un exode, sans aucune peur, ou au Chemin de St Jacques de Compostelle, que j’ai commencé cet été. Je continue à marcher, sans mal mais un peu hallucinée d’y arriver avec mon genou en bouillie.