Rêve horrible de l’homme indigent à la tête de chat et de l’hirondelle bleue, qui se jouent un ballet de séduction et de dévoration dans une cage posée dans un sous-sol de parking.

– l’homme chat fait la cour, poursuit de ses ardeurs l’oiseau fleur pendant un bon moment. Ils se livrent tous les deux à une danse folle et désespérée où tous les coups sont permis.

– quand il parvient à la séduire, de ses yeux ivres de convoitise, il la croque soudain, l’avalant entièrement tel un serpent engloutissant sa proie. “Je t’aime, je te mange, je te tue, je te dévore “. Mi-joute amoureuse, mi-banquet de proies, leurs ébats ne permettent plus de distinguer les gestes du plaisir et ceux de la prédation.

– rebondissement surprise, l’oiseau bleu parvient à s’échapper de la bouche qui l’avait croqué, en griffant et balafrant de ses coups de bec la face de l’homme poisson

– dépit et colère de l’homme chat qui sont terribles, le laissent défigurer par la rage – il est devenu terrible, difforme et hideux. Sa tête grisâtre ressemble à celle d’un junkie en stade terminal croisé avec un poisson chat vieillissant, suintant et hideux dont les narines difformes lui font une tête d’épouvante fendue d’un pathétique sourire.

– ces deux-là, la mort les a frôlés et profondément marqués, comme seuls peuvent le faire les marques cruelles et irréversibles des pulsions profondes. La mort les a marqués des stigmates infâmes de leurs vices, de la férocité de la passion.

– mais passe une autre blanche colombe et revoilà à nouveau l’homme chat en chasse. Il reprend sa course, obéissant toujours à ses seuls instincts, il tient son rôle funeste, peu importe sa déchéance promise.

– le rêve se termine par le retour inattendu de la colombe bleue, qui après sa fuite a malgré tout été changée par l’étreinte gloutonne qui a failli la faire dévorer.

Libération par l’amour… Ou au contraire comble de l’asservissement de l’amour vache, qui double la misère sociale d’une bien plus cruelle, tragique et mortelle dépendance ?