Tu crois toujours que tu es seul à ressentir ce sentiment – comment te dire, mettre des mots sur un frisson qui parcourt l’échine, ce froid qui te traverse quand tu la croises, cette sensation de chute quand la femme que tu aimes disparaît. 

Au boulot, ce n’est pas que c’est l’enfer, c’est pas non plus vraiment bien. Tu as d’autres ambitions, mais tu as peur de ne pas réussir à savoir lesquelles. Tout est possible mais rien n’est évident. Les années s’enchaînent, tu ne bouges toujours pas. Tu crames ton salaire dans des clopes et des verres et parfois, heureusement, quelques voyages. Entre les billets d’avion, tu déroules ta carrière, joli mot, voilà. Plus t’avances, plus les paramètres se compliquent.

Et puis quand tu rentres le soir, ce serait un bon moment pour mettre les choses à plat, réfléchir à qui tu es, tu vois, faire des colonnes et des cases avec des pour et des contre et des solutions formidables. Mais quand tu rentres, tu ressembles à cela, c’est tout :

Enfin, heureusement que dans tout ça, tu ne penses jamais à l’âge de tes parents. Aurais-je un jour ton âge ? La question se précise et t’as toujours pas choisi ta voie. Et puis tu tombes sur le travail de cet artiste japonais, avogado6.

Les dessins ne donnent aucune réponse, et ne résolvent pas tes questions. Mais tu te dis qu’heureusement, cette sensibilité est universelle – et qu’heureusement (bis), certains ont assez de talent pour la partager.