En créant Happy me, j’avais beaucoup navigué sur le web à la recherche d’initiatives positives, de sites qui parlent d’action, d’envie, de sens. Je cherchais des “gens qui osent”, qui tentent, avec leurs moyens, de faire leur part de bonnes actions.

C’est à ce moment-là que j’ai découvert Say Yess, un webzine dédié à l’économie sociale et solidaire. J’ai échangé quelques mails avec Apolline Guichet, coordinatrice éditoriale, qui a accepté de m’en dire un peu plus sur ce joli projet.

D’où vient l’idée Say Yess ? 

Say Yess, c’est le média des jeunes qui se bougent pour une société et une économie plus durables et plus équitables. Le webzine a été lancé par l’Avise dans le cadre de son programme Jeun’ESS qui vise à sensibiliser les jeunes à l’économie sociale et solidaire. Si on prend ces trois derniers mots séparément, on comprend leur signification mais ensemble, c’est plus flou pour beaucoup de jeunes. Et pourtant, un sondage montre leur intérêt pour entreprendre autrement, changer la société, mettre du sens dans leur métier à l’heure où le chômage les touche particulièrement. Il faut donc leur donner des clés, relayer des témoignages inspirants, mettre en lumière des initiatives qui se déroulent dans l’ombre et être là où sont les 16-30 ans, c’est-à-dire sur internet… d’où l’idée d’un magazine en ligne !

Say Yess est une initiative de programme Jeun’ESS qui réunit dans un partenariat public- privé la Caisse des Dépôts, l’Etat (Direction Générale de la Cohésion Sociale, Direction de la Jeunesse de l’Education Populaire et de la Vie Associative, les fondations Groupe Chèque Déjeuner, Crédit Coopératif, AG2R- La Mondiale, Macif, ainsi que la MGEN et la MAIF). Il est animé par l’Avise, une association qui agit pour le développement de l’économie sociale et solidaire à un niveau national. Say Yess existe pour dire « oui à la génération Y » ! Oui nous sommes jeunes, oui nous sommes le changement de demain, oui nous avons un impact sur notre monde, oui nous sommes nombreux, oui nous sommes connectés, et oui nous agissons !

Pourquoi vous êtes-vous dits qu’il était nécessaire de lancer une telle initiative ?

L’économie sociale et solidaire se développe en France, elle représente aujourd’hui 10% du PIB et 600 000 emplois dans ce secteur seront à pourvoir d’ici 2020. Elle correspond à une quête de sens spécifique à la jeunesse qui connaît la crise avant même d’entrer dans le monde du travail et à qui on rabâche que le modèle qui prévaut jusque-là arrive à bout de souffle. Parallèlement à ce constat, l’info-solution se développe dans le journalisme. L’idée, c’est de parler des problèmes mais surtout d’aller chercher des solutions, rencontrer des porteurs de projets, des éveilleurs de conscience. C’est aussi ça, le sens du mot média.

Est-ce que Say Yess contribue à changer un bout de notre monde en mieux, même rien qu’un peu ?

Est-ce qu’un article peut changer le monde ? Je ne sais pas… mais vous connaissez l’histoire du colibri du philosophe Pierre Rabhi ?

Ce petit oiseau tente de maîtriser un incendie en allant cherche de l’eau avec son bec. Il sait bien que, tout seul, il n’en viendra pas à bout mais aux animaux de la forêt qui le regardent interloqués, il répond : « Je fais ma part ».

Say Yess aussi prend sa part de responsabilité en diffusant le plus de ressources possibles, en relatant des informations qui donnent envie de passer à l’action, en inspirant les jeunes car ce sont eux qui construiront le monde de demain.

Une belle histoire à raconter ?

Tous les articles sur Say Yess racontent des histoires qu’on aimerait entendre plus souvent. Quand Nicolas Sarrade, un jeune de 19 ans, monte son festival « EKO » l’année du bac, il ne se dit pas seulement « J’aime la musique, pourquoi ne pas créer un festival ? ». Il se dit : « Comment faire autrement ? ». Alors il met en place un dispositif écologique pour alimenter la scène, un tarif dégressif pour ceux qui mèneront une action verte comme venir en co-voiturage, une redistribution d’une partie des recettes à une association caritative… Quand on rencontre des coopératives spécialistes de la e-santé, on imagine mieux à quoi ressembleront les soins de demain. Et quand notre reporter au Brésil remonte la filière des baskets équitables Veja, oui clairement, on se prend des bouffées d’optimisme !

http://www.say-yess.com/